Faire science ensemble

Sous la direction de Laure Turcati et Alexandra Villarroel Parada, 480 p, 2025, Sorbonne Université Presses et Muséum national d’histoire naturelle

Le livre

Depuis longtemps, des bénévoles collectent des données utiles aux scientifiques en observant leur environnement. Ils sont nombreux et actifs dans les domaines liés à l’écologie (biodiversité, pollutions, changement climatique…) ainsi qu’en archéologie, préservation du patrimoine ou astronomie. Les outils numériques ont permis de faciliter leurs observations et d’en améliorer la fiabilité. La participation s’est ainsi développée au point de devenir parfois indispensable à la science.
Des responsables de tels programmes, réunis dans le réseau Science ensemble, ont mutualisé les expériences de ces communautés apprenantes, où les volontaires peuvent jouer un rôle significatif dans la mise en œuvre et l’orientation des recherches.  

Notre lecture

Ils comptent les oiseaux, épient les reptiles, identifient les lichens, ramassent du plancton, chassent les météorites ou les fossiles… Simples habitants désireux d’apporter une contribution à l’avancée des connaissances, professionnels (agriculteurs, par exemple), scolaires, sportifs ou étudiants, leur niveau d’études est plus élevé que la moyenne et, généralement, leur âge aussi.

Quel est leur niveau de participation ? Loin de se limiter à la collecte d’observations, les bénévoles peuvent, s’ils le souhaitent, s’investir en améliorant les protocoles de collecte, d’archivage et de validation des données, en investissant de nouveaux champs de recherche ou en interpellant les scientifiques. Qu’ils soient profanes ou amateurs éclairés, ils échangent entre eux et avec les spécialistes, montent en compétence et s’investissent parfois dans l’animation ou même la gouvernance partagée de programmes de recherche.

Ces programmes de sciences et recherches participatives – dont une cinquantaine ont permis d’alimenter cet ouvrage – reposent sur un partenariat entre trois types d’acteurs. D’une part, les bénévoles qui assurent l’essentiel du travail de collecte des observations et souvent plus. D’autre part, les organismes qui jouent un rôle crucial de mobilisation : associations, réseaux professionnels, boutiques de sciences, collectivités territoriales… Enfin les scientifiques qui valorisent les informations pour faire avancer les recherches. Et au centre de ce triptyque, des animateurs et animatrices dont le rôle est déterminant.

Ils et elles peuvent faire partie d’équipes de recherche ou être issus du monde associatif ou professionnel. Les tâches qui leur incombent sont multiples : animer le réseau des bénévoles, assurer le dialogue avec la recherche, proposer ou améliorer les outils de collecte et de vérification des observations, veiller au bon enregistrement de celles-ci, rendre compte de l’utilisation qui en est faite, faire connaître le programme dans les médias ou les réseaux sociaux…

En se réunissant au sein du réseau Sciences Ensemble, ces coordinateurs et coordinatrices se sont rendu compte qu’ils exerçaient un nouveau métier, avec ce que cela suppose de besoins de formation, de cadrage juridique et de réflexion déontologique. Avec des défis communs également, comme la construction de méthodes d’évaluation des programmes qu’ils animent, la réflexion sur la fidélisation des participants ou la réponse à la diversité des attentes des partenaires. Une posture et des réflexions qui paraitront familières aux animateurs et animatrices de dispositifs de démocratie participative et qui montrent que des échanges seraient très certainement fructueux.

Sur le même sujet, voir l’article (2023) Les bénévoles se mobilisent de plus en plus pour la science.

Les autrices

Laure Turcati et Alexandra Villarroel Parada ont dirigé cet ouvrage. Laure Turcati est responsable de la cellule Sciences et recherches participatives à Sorbonne Université. Alexandra Villarroel Parada est directrice du Pôle Sciences et recherches participatives au Muséum national d’histoire naturelle. Toutes deux coordonnent plusieurs projets de sciences participatives et animent le réseau Science ensemble qui, depuis 2020, organise des espaces de rencontre entre porteurs et porteuses de projets de sciences et recherches participatives.

Note rédigée par Pierre-Yves Guihéneuf
Février 2026.

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